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Vie de famille

Comment le biréacteur Challenger 650 aide l’ingénieur des procédés Zafar Sheikh à faire croître son entreprise tout en gardant sa famille à ses côtés.

Zafar Sheikh

Scintillant à l’arrière du hangar Bombardier à Montréal, l’avion Challenger 650 tout neuf de Zafar Sheikh arbore le logo de SPEC. Habitué des avions privés (son cinquième), l’ingénieur est venu prendre livraison de son avion d’entreprise en personne, impatient d’entreprendre son voyage inaugural – demain, il s’envolera avec sa femme vers Bucarest pour prendre leurs cinq enfants, avant de poursuivre sur Dubaï tous ensemble pour le week-end. « Ensuite, mardi, je me rends au Pakistan pour deux jours, et la semaine suivante, je serai à São Tomé, en Afrique », dit-il.

Cet avion volera beaucoup. Zafar Sheikh vit une vie absolument internationale. Né au Pakistan, il a déménagé aux États-Unis à 17 ans pour étudier le génie mécanique au Kansas. À peine diplômé, il menait son premier projet dans une Bosnie ravagée par la guerre. « Je me suis porté volontaire pour aller là où personne ne voulait aller – seul un avion de l’armée pouvait m’y conduire. J’ai mené à bien un projet énorme à l’âge de 24 ans. »

Cela lui a donné la confiance nécessaire pour créer sa propre entreprise. SPEC est née il y a 19 ans à Houston (Texas), mais compte des usines partout, du Nigeria à l’Iraq, en passant par le Kurdistan et le Pakistan, et des projets clé en main sur toute la planète, de la Chine au Bangladesh. En deux mots, SPEC est une société à paliers multiples dans le secteur du génie, de l’approvisionnement et de la construction, qui a commencé comme producteur d’équipement pétrolier et gazier – mais qui est vite devenu beaucoup plus. Le dernier projet, par exemple, est la construction de sa propre raffinerie de 1,5 milliard de dollars à São Tomé. La société emploie des milliers de personnes, dont 2 000 ingénieurs permanents. Comme il l’avoue lui-même, le fondateur a peu de temps pour penser à autre chose et réinvestit la plupart de ses bénéfices dans l’expansion apparemment infinie de SPEC.

« Je ne suis pas vraiment un homme d’affaires, dit-il, malgré tout. Je suis plutôt un ingénieur. » Zafar a construit son entreprise à partir de ses connaissances techniques et demeure actif sur tous les lieux de travail. Il est constamment en mouvement. « C’est ce que permet l’avion Challenger, explique-t-il. Avec son autonomie de neuf heures, je peux voler de l’Europe au Pakistan sans escale. Je me rends dans des endroits très éloignés; par exemple, j’ai mené un projet en Guinée, en Afrique, où il n’y a pas de vols directs, et seulement quelques vols par semaine. J’aurais dû attendre trois jours sur place avant de pouvoir revenir par un vol commercial. Avec notre propre avion, nous pouvons aller là-bas le matin, travailler, et revenir en soirée. »

Le type de croissance qu’a connu SPEC requiert un dévouement hors pair et une présence constante, mais pour les Sheikh, la vie familiale n’a jamais été sacrifiée. La femme de Zafar est également ingénieure et l’accompagne dans la plupart de ses voyages. Seules les études gardent les enfants au même endroit la plupart du temps; sinon, ils sont à bord, à explorer de nouvelles destinations chaque week-end, tout l’été et même durant les congés les plus courts. « J’ai demandé à ma fille où elle voudrait vivre et elle m’a répondu qu’elle ne pourrait pas habiter un seul et unique pays. Ils se sont vraiment habitués à leur vie internationale. »

La dynamique familiale a compté pour beaucoup dans les choix pour personnaliser son biréacteur Challenger 650. Zafar a opté pour des fauteuils plus larges avec beaucoup d’espace pour les jambes à l’avant du compartiment (sa femme et lui s’assoient toujours face à face) et une plus petite toilette pour ajouter une sensation d’espace supplémentaire en cabine. Il a renoncé aux boîtes de rangement pour avoir des fauteuils entièrement inclinables – son activité préférée en vol est la conversation ou le sommeil. « Je ne lis pas; je préfère les chiffres. Après plus de trois lignes, on me perd! »

Challenger 650

Sur environ le quart de ses vols, son entourage est constitué de collègues de travail. C’est alors la configuration « réunion » qui permet d’établir les stratégies de la journée avant l’atterrissage. Et de temps en temps, un dirigeant d’une banque ou d’une société pétrolière l’accompagne. « C’est le seul moment où je sens le besoin d’offrir les services de première classe en vol, avec agent de bord. Autrement, chacun se sert soi-même. »

Il est ironique que quelqu’un qui passe autant de temps dans le ciel ait les pieds aussi fermement plantés dans le sol. Les décisions d’affaires de Zafar sont guidées par la passion de construire, de partir de zéro dans des pays que d’autres entrepreneurs négligent. « C’est une question d’accomplissement, dit-il. « Je dis toujours à mes enfants que l’argent n’a pas d’importance. On n’a pas besoin de beaucoup pour vivre. »

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