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La Greatest Generations Foundation ramène des vétérans de la Seconde Guerre mondiale en Normandie

Clarence et Kerry Scharbauer s’attendaient à une leçon d’histoire en Normandie. Ils ont plutôt trouvé un témoignage bien vivant de la Seconde Guerre mondiale.

Jeeps de la Seconde Guerre mondiale en Normandie
Visite de la Normandie dans des jeeps de la Seconde Guerre mondiale remises en état.

Le lieutenant Arthur Staymates a mené l’assaut sur Omaha Beach le 6 juin 1944. Il faisait partie de la première vague de troupes américaines à déferler sur la Normandie, le jour J. C’était « une descente aux enfers », dit-il… émerger des bateaux de débarquement sous le feu nourri des mitrailleuses et des mortiers. Son unité a subi 75 % de pertes – la plupart tués avant même d’arriver du rivage jusqu’au sommet des falaises. Il avait 19 ans.

Mais Staymates n’avait pas le temps de pleurer les morts. Il a combattu à Paris, à Bastogne, à la Bataille des Ardennes. Membre de la Division de la 1re Infanterie, appelée la « Big Red One » (à cause du gros numéro un en rouge sur l’écusson d’épaule), son unité a été la plus décorée des champs de bataille européens.

Ils furent choisis par la suite pour joindre les rangs de la police militaire au procès de Nuremberg à la fin de la guerre.

Lorsque Staymates a repris le bateau pour les États-Unis, il n’aurait jamais pensé revenir en France, 70 ans plus tard. Mais en octobre 2015, il est retourné à Caen, en Normandie, grâce à The Greatest Generations Foundation (TGGF), organisme sans but lucratif du Colorado qui ramène tous frais payés les anciens combattants sur les champs de bataille où ils ont combattu.

« Tout ce que nous demandons en retour, c’est qu’ils nous racontent ce qu’ils y ont vécu », explique le fondateur Timothy Davis. Ces récits en direct sont enregistrés et transformés en vignettes, affichées sur le site Web de l’organisme. « Notre but est de préserver leur héritage. »

Depuis sa fondation, en 2004, TGGF a ramené plus de 3 500 vétérans américains sur leurs champs de bataille. En groupes de 20 à 30, ils y séjournent deux semaines en moyenne. Jusqu’à maintenant, l’organisme a effectué plus de 110 de ces programmes (appelés « programmes » plutôt que « voyages » pour souligner l’élément éducatif de ces retours aux champs de bataille).

Staymates faisait partie d’un petit groupe qui s’est rendu en Normandie après un programme plus étendu dans d’autres régions de l’Europe. Parmi eux, Davis et un autre ancien combattant, Joseph Reilly, qui avait été parachuté en Normandie derrière les lignes ennemies à 1 h 30 du matin, cinq heures avant que Staymates ne débarque.

Pendant que Staymates partait retrouver ses compagnons au bar de l’hôtel à Caen, un touriste se présentait à la réception : Clarence Scharbauer, homme d’affaires du Texas actif dans le secteur pétrolier et gazier, ainsi que dans la promotion immobilière. Lui et sa femme, Kerry, arrivaient d’Écosse à bord de leur avion Challenger 300, où elle avait réalisé son grand rêve de voir la terre de ses ancêtres, qui comptent William Wallace, héros du film Braveheart. C’était maintenant au tour de Clarence d’établir l’itinéraire. Né le jour J (bien des années après la guerre, cependant), il voulait visiter les plages de la Normandie depuis toujours.

 

Soldats en Normandie, en France
Des soldats approchent des côtes de la Normandie, en France, au jour J.

Pendant que sa femme s’installait dans leur chambre, Scharbauer est entré dans le restaurant de l’hôtel. Là, il a remarqué les anciens combattants américains dans leur uniforme.

« Je me suis présenté et Joe a dit, ‘Clarence, je m’appelle Joe Reilly et je suis ici avec The Greatest Generations Foundation. J’ai sauté avec le 101e Aéroporté le jour J, aux portes de Sainte-Mère-l’Église.’ Je me suis assis, et j’ai simplement répondu ‘Vraiment?’. Je me suis tourné vers Staymates et j’ai ajouté : ‘Et vous, Monsieur?’ » C’est ainsi qu’il a fait leur connaissance. « Les deux avaient encore la voix très claire », rappelle Scharbauer de sa voix texane traînante.

Tout comme Staymates, Reilly a survécu alors que beaucoup de ses camarades ont été tués au combat. Il a passé trois semaines à combattre dans le bocage normand et dans le labyrinthe des haies et des champs où les soldats américains essuyaient les tirs de mortier soutenus de l’armée allemande.

Il est ensuite parti pour les Pays-Bas – où il a sauté encore. C’est l’un des derniers frères d’armes de l’opération Overlord, nom de code pour l’invasion de la France par les Alliés.

Peu après, les hommes ont commencé à s’échanger des histoires, Kerry Scharbauer s’est jointe à eux. Elle et son mari ont tous deux constaté que presque tout le monde dans le restaurant venait voir les soldats pour leur demander une photo ou un autographe.

« Des ‘rock stars’ », voilà comment Davis, de TGGF, décrit cette situation. « C’est exactement ce que vivent ces nonagénaires lorsqu’ils retournent dans ces petits villages. »

Kerry Scharbauer a immédiatement remarqué à quel point les deux anciens soldats étaient différents, rapidement surnommés « Art & Joe ». « Joe a 94 ans, il est plus petit que moi – et je mesure 1 m 60 (5 pi 3 po)! Il marche avec une canne, mais il peut encore enfiler le même uniforme de parachutiste et les mêmes bottes qu’il portait le jour où il a quitté l’armée. C’est un raconteur né. Tandis qu’Art a 91 ans, 1 m 88 (6 pi 2 po), digne et beau. Aimable, à la voix douce, très intelligent. »

Bien que les deux hommes ne se soient jamais rencontrés pendant la guerre, ils ont tissé des liens par l’intermédiaire de la fondation et étaient heureux de laisser Clarence et Kerry se joindre à eux. Lorsque les Scharbauer ont entendu que les deux vétérans prévoyaient de rouler durant trois heures jusqu’à Paris afin d’y prendre le vol de retour pour les États-Unis, le couple les a invités à rester quelques jours de plus et à rentrer avec eux à bord de leur Challenger 300.

Après un silence surpris, les deux hommes ont accepté volontiers. Ensuite, Davis a suggéré, avec les autres vétérans, de servir de guide aux Scharbauer, et c’était au tour du couple d’être enthousiaste!

« Nous ramenons ces hommes à l’époque où ils n’étaient que des gamins de 18, 19, ou 20 ans… Ils disent au revoir à leurs frères dans des cimetières de toute l’Europe et du Pacifique. Ils se libèrent de leurs démons. Ils tournent la page. »

Le groupe est parti tôt le lendemain pour le premier tronçon d’une excursion de trois jours dans des jeeps de la Seconde Guerre mondiale remises en état. Ce matin venteux d’octobre à Omaha Beach (nom de code donné à cette étendue des côtes françaises par les militaires américains), les Scharbauer ont constaté en direct l’effet de la Greatest Generations Foundation sur les anciens combattants. Ils sont arrivés à 9:06 parce que, explique Clarence Scharbauer, « Timothy Davis savait qu’à 9:06 ce jour-là, la marée serait exactement au même point que le jour où Art a débarqué avec la première vague sur Omaha Beach. » La température était glaciale. La plage sablonneuse était déserte, sauf une famille qui jouait au soccer. C’était la première fois que Staymates revenait depuis la guerre.

« Art a deviné par où il était arrivé en reconnaissant les falaises. Il se rappelle les avoir escaladées pour aller neutraliser la mitrailleuse des nazis à côté des bunkers. »

Lorsque le groupe est sorti de la jeep, Staymates s’est mis à pleurer, raconte Clarence Scharbauer. « Et nous nous sommes tous retirés. »

Sauf Joseph Reilly. Assis ensemble dans la jeep, les deux hommes ont parlé longuement. Timothy Davis dit que cette réaction émotive forte est courante.

« Nous ramenons ces hommes à l’époque où ils n’étaient que des gamins de 18, 19, ou 20 ans… », dit Davis. « Un ancien combattant commence à parler et sent l’émotion monter. Les autres comprennent ce qu’il ressente. Ils laissent échapper une larme, ou leur ton change, ils se réconfortent les uns les autres. Après soixante-dix ans, ils voient que ce qu’ils ont fait en valait la peine. Ils disent au revoir à leurs frères dans des cimetières de toute l’Europe et du Pacifique. Ils se libèrent de leurs démons. Ils tournent la page. »

Pendant que Staymates et Reilly parlaient, Kerry Scharbauer regardait les enfants inconnus qui riaient sur la plage en voyant leur ballon de soccer emporté par le vent. Elle songeait qu’ils n’avaient aucune idée qu’à quelques pas d’eux se trouvaient des hommes qui avaient leur liberté, dont la bravoure avait probablement rendu possible leur existence même.

Après trois jours de visite des musées et des bunkers isolés et des coins secrets que seuls des hommes ayant combattu sur les plages pouvaient connaître, le temps de rentrer à la maison est venu. Savoir que l’heure de se dire au revoir approchait n’a pas été simple pour les deux groupes.

« Ils sont littéralement tombés amoureux de Kerry! » Affirme Clarence Scharbauer avec un sourire. « Elle s’assurait qu’ils avaient mis leur couverture sur eux dans la jeep, et que Joe ait son demi de Guinness le soir. Joe m’a même demandé une fois revenus à Midland (Texas), ‘ Est-ce que je peux l’emmener chez moi? ’ Et j’ai répondu ‘ Eh bien, nous sommes mariés depuis 43 ans, je ne sais pas trop, Joe ’. »

Au moment de monter dans l’avion, ces hommes ne savaient pas qu’ils aidaient les Scharbauer à exaucer un vœu fait par Clarence Scharbauer dans son discours à la cérémonie de livraison de son biréacteur Challenger 300, le dernier à être construit avant l’entrée en service du Challenger 350.

« J’ai dit aux gens de Bombardier ce jour-là que mon avion ne servirait pas seulement à faire des affaires. Quand nous pourrons aider, nous le ferons », a indiqué Scharbauer, qui siège au conseil d’administration de la Texas Christian University (et qui a fait peindre l’acronyme TCU en mauve et noir). « J’aime ces gars-là, j’aime ce qu’ils représentent et ce qu’ils ont fait pour ce pays. »

Kerry Scharbauer ajoute qu’elle était « honorée de les accueillir à bord et de savoir qu’ils étaient confortables. Nous les avons installés dans les fauteuils avant, entièrement inclinables. Ils pouvaient s’étendre et lever les pieds. Ils ont pu somnoler. Malgré sa grande taille, Art pouvait presque se tenir debout dans notre avion. Il pouvait se lever et se promener dans la cabine pour activer sa circulation. »

Peu importe l’état d’esprit des vétérans à leur retour des programmes outre-mer de The Greatest Generations Foundation, ce n’est que le début de leur cheminement.

« De retour chez eux, ils peuvent raconter à leur famille : ‘Voici ce qui s’est passé. Voici mon histoire ’ », dit Davis. « Certains étaient restés muets à propos de leur expérience de guerre pendant 70 ans. » Ils peuvent aussi continuer de raconter leur histoire et celle d’autres anciens combattants au grand public. « Les inviter à parcourir les États-Unis – nous en sommes convaincus –prolonge leur vie. Ils ont quelque chose à défendre : leur héritage moral. »

Les vétérans se réunissent également, aux frais de The Greatest Generations Foundation, aux événements NASCAR et à des matchs professionnels de football et de baseball. Et les efforts ne prendront pas fin lorsque les vétérans de la Seconde Guerre mondiale disparaîtront. Davis souligne la bonne raison du pluriel dans le nom de la fondation : Generations. Les vétérans de la guerre du Vietnam seront au cœur des prochains programmes. Des hommes comme Arthur Staymates et Joseph Reilly participent au travail de la TGGF pour créer ces nouveaux programmes et pour amener la prochaine vague d’anciens combattants visiter les champs de bataille du Vietnam.

« Les hommes qui participent aux programmes de la TGGF outre-mer reviennent tous avec le même but, la même mission », dit Davis. « Comment puis-je aider le prochain groupe de vétérans? »

Cette histoire a été imprimée à l'origine dans le numéro 26 du magazine Experience publié en mai 2016. Arthur Staymates est décédé le 23 avril 2017.

Voici comment aider

Environ 123 000 anciens combattants ont présenté une demande à The Greatest Generations Foundation pour retourner visiter leurs champs de bataille à l’étranger. Pour aider tous ceux qui ont servi au sein des forces armées, il faudrait plus de ressources.

« Nous recevons des demandes chaque jour. Mais nous recevons aussi des avis de décès de vétérans qui attendaient encore patiemment », dit le fondateur Timothy Davis. « Notre mission est de ramener autant de vétérans que possible sur les champs de bataille de Normandie et de Pearl Harbor et d’autres sites avant qu’il ne soit trop tard. »

Un des plus gros obstacles pour la TGGF : le transport aérien.

« Nous voudrions les faire tous voyager en première classe, mais les liaisons que nous empruntons n’offrent généralement pas assez de places », dit Davis. Il aimerait bien conclure un partenariat avec une grande société aérienne, mais il accueille chaleureusement la participation d’autres propriétaires d’avions privés comme les Scharbauer.

« Je peux remplir cet avion dès aujourd’hui et les envoyer à Pearl Harbor, à Hawaii, en Normandie, ou ailleurs en France. Tout ce dont ces vétérans ont besoin, c’est de quelques jours de préavis. Se faire couper les cheveux, boucler leurs valises, et ils sont prêts. »

The Greatest Generations Foundation est un organisme de bienfaisance exonéré d’impôt au titre du paragraphe IRS 501(C)(3). Faites un don ou offrez les services de votre avion personnel ou d’un avion d’entreprise en allant visiter le site Web de la TGGF. Vous pourrez également voir des photos de vétérans et de leur retour sur les champs de bataille sur la page Facebook du groupe.

www.tggf.org

 

A version of this article appeared in Issue 26 of Experience magazine published May 18, 2016.

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