Mode de vie

L’art opulent d’Andy Dixon

Conversation avec l’artiste Andy Dixon sur l’intersection de l’art et du commerce.

L’idée d’un dramaturge qui écrit une pièce dans une pièce ou d’un scénariste qui crée un film sur la création d’un film revient souvent sur scène ou à l’écran. Cependant, une toile contenant l’image d’un autre tableau est perçue comme une pratique non conventionnelle dans le monde de l’art – surtout chez Andy Dixon. L’idée de saisir des œuvres d’art existantes sur la toile a d’abord été populaire au 16e siècle, mais Dixon, avec sa connaissance de l’histoire, a remis cette technique en vogue. Ce filon découle de la conception de l’opulence par cet artiste né à Vancouver et établi à Los Angeles. Les œuvres qui ont le plus véhiculé cette idée ont été exposées à la Joshua Liner Gallery de New York, l’an dernier. Cette étrangeté et cette curiosité se poursuivent dans son travail actuel.

« Bien entendu, je crois en l’art et je n’essaie donc pas d’en appauvrir la magie, dit-il, mais en même temps, on peut également voir l’artiste comme quelqu’un qui fabrique des produits à vendre. » Dans un certain sens, il estime que l’art est, à sa façon, un article de luxe à posséder. Ce qui explique pourquoi le travail de Dixon est une conversation entre l’art et le commerce – ses toiles touchent la manière dont les deux peuvent, vivre, travailler et expérimenter ensemble. « Je crois qu’il y a beaucoup de comédie et de tabous dans la zone grise entre ces deux concepts », dit-il.

Dans la série Patrons’ Homes, Dixon recrée ses propres œuvres dans les décors domestiques des demeures de leurs propriétaires d’aujourd’hui. Détaillant des espaces habitables anonymes et complexes à Los Angeles, Hong Kong, Londres et New York, la série Patrons’ Homes est consacrée entièrement aux clients – interprétation contemporaine de la tradition des artistes qui mettent en scène leurs propres chefs-d’œuvre (notamment Henri Matisse dans L’Atelier rouge). En comparaison, la série Patrons’ Homes de Dixon examine la relation en constante évolution d’un artiste avec son œuvre après l’achat. « Je voulais souligner le côté commercial des choses, dit Dixon, si une toile est achetée et vendue, que lui arrive-t-il lorsqu’elle n’est plus entre mes mains? »

Andy Dixon, acrylique et pastel sur toile
Patron’s Home, Los Angeles, 2019 (photo : courtoisie d’Andy Dixon)

Dans Patron’s Home (Milan), l’artiste évoque l’image d’une salle de séjour inondée d’œuvres d’art audacieuses, de meubles de style et d’un tapis orné. À première vue, cela semble être un simple décor d’une maison contemporaine, mais une révélation est accrochée au mur : la propre œuvre de Dixon, Allegory of Music Painting (2019), acquise par le propriétaire de la maison, a été recréée sur la nouvelle toile. « Tout comme Andy Warhol jouait avec les boîtes de soupe Campbell comme signifiant de la culture pop, je joue avec d’anciennes toiles », dit Dixon, inspiré par l’interprétation de l’histoire de l’art dans la culture pop.

Autodidacte depuis la toute première fois où il a pris un pinceau en main, Dixon choisit ses couleurs instinctivement, plutôt qu’en fonction de longues années d’études techniques. Son style s’est développé par essais et erreurs. « Comme matériau de base, j’explore diverses époques de l’histoire de l’art – comme les natures mortes flamandes et les nus couchés de la Renaissance, des éléments qui font l’unanimité. Je cherche à m’approprier des images pleines de désir. »

Le plus inattendu dans les œuvres de Dixon sont ses racines dans la musique punk rock, où il a commencé à expérimenter les techniques de sérigraphie et la superposition des couleurs pour ses groupes D.B.S. et The Red Light Sting, et pour son étiquette indépendante vancouvéroise, Ache Records. Dixon a également développé sa théorie des couleurs à partir d’une exploration des interactions d’une palette de 20 peintures sur mesure. La même persévérance à explorer les nuances et les teintes est une tendance généralisée qu’il observe dans les espaces de l’art établi et de l’art émergent.

« J’ai remarqué l’éclosion de jeunes artistes qui possèdent très bien les techniques de la peinture, indique-t-il. Mais ce que vous en faites, de ces prouesses techniques, c’est la [clé]... parce qu’il faut tout de même dire quelque chose d’important. »

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